Cet essai examine la possibilité de « faire de la théologie » sans la foi. Il adopte une définition de travail : « théologie » désigne ici l’activité intellectuelle qu’exerce un théologien chrétien, et « foi » l’assentiment aux articles de foi. L’essai commence par préciser ces termes et reformule la question de façon plus rigoureuse : l’assentiment préalable constitue-t-il une condition nécessaire de la recherche théologique ? Il propose ensuite une typologie simple des réponses possibles en comparant la relation, temporelle et structurelle, entre (i) l’assentiment (acte de la volonté) et (ii) l’examen intellectuel dans l’acte de croire : assentiment et intellect peuvent fonctionner en parallèle, ou bien l’un peut être considéré comme chronologiquement antérieur à l’autre. L’essai note que, si l’assentiment est strictement antérieur, un paradoxe apparaît : comment une personne pourrait-elle former un refus de manière rationnelle ? Inversement, si l’intellect est antérieur, la foi risque de devenir le résultat d’un raisonnement. L’essai mobilise surtout la position de Thomas d’Aquin (notamment dans les Quaestiones disputatae) et défend un modèle de « parallélisme » : dans la foi, l’assentiment ne provient pas d’un raisonnement discursif, mais une réflexion discursive peut néanmoins continuer en même temps qu’un assentiment ferme. Selon ce modèle, la recherche théologique peut, en principe, être menée sans foi préalable, même si la foi peut ensuite devenir un résultat possible ou une motivation intérieure pour poursuivre l’enquête.
This essay examines the possibility of “doing theology” without faith. It adopts a working definition: here, “theology” refers to the intellectual activity carried out by a Christian theologian, and “faith” to assent to articles of faith. The essay begins by clarifying these terms and reformulates the question more rigorously: does prior assent constitute a necessary condition for theological inquiry? It then offers a simple typology of possible answers by comparing the temporal and structural relation between (i) assent (an act of the will) and (ii) intellectual examination within the act of believing: assent and intellect may function in parallel, or one may be considered chronologically prior to the other. The essay notes that if assent is strictly prior, a paradox appears: how could a person form a refusal in a rational way? Conversely, if intellect is prior, faith risks becoming the result of a line of reasoning. The essay draws mainly on Thomas Aquinas’s position (notably in the Quaestiones disputatae) and defends a “parallelism” model: in faith, assent does not arise from discursive reasoning, yet discursive reflection may nonetheless continue alongside firm assent. On this model, theological inquiry can, in principle, be pursued without prior faith, even if faith may later become a possible outcome or an inner motivation for continuing the inquiry.
Narimani, Arvid (2021). Peut-on 'faire de la théologie' sans la foi ? Zenodo (v2). Dernière version : https://doi.org/10.5281/zenodo.16731425. Version citée : https://doi.org/10.5281/zenodo.16731457.